dimanche 26 février 2017

L'incorporation des ancêtres



Isabelle Luciani et Valérie Piétri (dir.), L'incorporation des ancêtres. Généalogie, construction du présent, Aix-en-Provence, PUP, 2016.

Pour un peu changer, Sacrés Ancêtres! vous parle d'un livre. Et comme d'habitude, je vous préviens, il ne s'agit pas d'un compte-rendu de lecture, mais d'un simple avis.

Cet ouvrage est composé de plusieurs communications diverses autour du thème de la généalogie et de "l'incorporation des ancêtres". La première phrase de l'excellente introduction d'Isabelle Luciani et Valérie Piétri est éclairante à plus d'un titre : "La question des origines travaille en profondeur le processus de construction identitaire que ce soit à l'échelle collective, des groupes sociaux aux peuples et aux nations, ou à l'échelle des individus". C'est donc un livre résolument tourné vers la compréhension du présent à travers le passé généalogique ; une compréhension de soi à partir de ses aïeux.
Ainsi, le thème, qui permet d'élargir la question aux groupes et nations, est assez large pour que les communications soient intéressantes pour tous types d'historiens et de généalogistes. Après plusieurs communications autour des nations, l'on s'intéresse aux récits de chevalerie, aux imprimés généalogiques, etc.

Mais procédons dans l'ordre ! Les premiers articles portent sur la construction des nations par une généalogie. Et en effet, les mérovingiens, les capétiens, tenaient leur légitimité de leur généalogie. Ainsi les capétiens ont un peu effacé "l'usurpateur" Hugues Capet pour se concentrer sur les autres et asseoir ainsi leur légitimité sur le trône de France. Ils se revendiquaient originaires des troyens et donc d'une ascendance mythologique, d'un premier roi Francs (Francus) légendaire, etc. Cette généalogie permet de mieux saisir l'état d'esprit général de la France à l'époque moderne... du moins pour la noblesse et la royauté toutes deux férues de généalogie. Ainsi les Polignac, branche noble d'Auvergne, par un jeu d'homonymie se prétendaient descendre de Sidoine Apollinaire (Apollinaire - Polignac) lui-même descendant d'Apollon. Cette famille essayait en fait de montrer que sa noblesse, de toute façon immémoriale, remontait à l'Antiquité romaine et qu'ils étaient bien "les rois" en leur région. Cela, afin de contrer la monarchie absolue qui voulait mettre au pas les nobles.

Donc vous voyez, chers lecteurs, c'est un livre d'histoire avant tout. Mais un livre qui nous instruit, qui nous permet de mieux comprendre le rapport aux aïeux d'autrefois. Et ce, jusqu'à aujourd'hui. Au XIXe siècle, un article absolument passionnant d'Agnès Graceffia, nous renseigne sur la mythologie de la construction de la France, résolument "multi-ethnique" (Gaulois, Francs, Romains) pour montrer que notre pays s'est construit sur l'apport de plusieurs populations sur un territoire. C'est le territoire qui prime. En Allemagne, c'est la "race", les Germains. D'où le racialisme allemand qui continua au XXe siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale.

Chaque communication nous apprend de nombreuses choses. Et on passe de cette macro-histoire, sur les nations, à la micro-histoire, sur des individus. Ainsi ce Valenzuela, favori de la reine-mère espagnole, qui, parti de rien, obtint d'êtres parmi les Grands de la noblesse et devint Premier Ministre. Les Grands, jaloux de leurs privilèges de race, firent une campagne de calomnie via des libelles pour faire disgracier le favori... ce qui réussit.

Vous trouverez un article sur les descendants d'esclaves absolument magistral avec la quête toute récente de l'origine de ces esclaves via la généalogie génétique. Un article se concentre sur ce dernier point et montre bien les dérives de cette pratique, avec ce que l'auteur appelle une racialisation 2.0 où des personnes prétendent avoir un sang pur et former des communautés racialement discriminantes grâce à ces tests. Plus encore, les limites de ces tests sont bien montrées par l'auteur (Claude-Olivier Doron), notamment leur fiabilité très contestable. En effet, les échantillons de population sont peu nombreux, ils ne tiennent pas compte des migrations anciennes, ils ne révèlent finalement qu'un cousinage lointain avec des individus qui vivent actuellement à tel ou tel endroit sans vous révéler d'où vous venez concrètement. Il ne s'agit pas de généalogie, mais de statistique dépendant de nombreuses variables dont... la spécialité de l'entreprise. En bref, ces tests sont vendus comme vous dévoilant vos origines, comme des tests historiques, ce qui est faux. Ce sont des données bruts contemporaines. Rien à voir avec de la généalogie. Sans parler du fait (et je trouve dommage que l'article n'en parle pas) que la généalogie est une construction sociale, que l'on accepte implicitement que les traces, les documents, nous disent la vérité. La généalogie n'est pas génétique.

Bref, c'est un livre absolument passionnant par ses nombreux articles, relativement brefs, ce qui est toujours agréable si l'on a peu de temps. En plus de cela, c'est un livre d'une grande rigueur historique, mais pas seulement : pluridisciplinaire par essence, il se conclut sur un article assez ardu sur Michel Foucault et la généalogie, donc un article philosophico-historique. Vous trouverez de l'analyse littéraire, de la sociologie, de la génétique, bref, un livre vraiment complet qui traite de la généalogie dans le cadre rigoureux des Presses Universitaires de Provence.
Si je devais faire un reproche, j'aurais un peu de mal et le seul qui me viendrait en tête serait lié à mes centres d'intérêt. Trop peu de classes intermédiaires (voire aucune) figurent dans cet ouvrage. L'on s'intéresse aux rois, aux nations en général, aux romans, aux nobles, mais quid des paysans, des artisans et autres. N'avaient-ils pas aussi des ancêtres dont ils pouvaient se revendiquer ? Les écrits du for privé (livres de raison, de famille, correspondance) peuvent peut-être répondre à cette question et l'une des directrices de cet ouvrage, Mme Isabelle Luciani, est justement très impliquée dans ce domaine. En tout cas, gageons que ce livre fera des émules, en histoire comme en généalogie, sur la construction du présent par l'incorporation des ancêtres (et quel beau titre d'ailleurs !).


A lire !

vendredi 24 février 2017

Ils ont des chapeaux ronds, de bonnes galettes et font de la généalogie comme des druides



Ouiiii, Sacrés Ancêtres ! adore la polémique, ça le fait rire. Il a lu avec attention les articles de Rémy Penneg, Sophie Boudarel, Stéphane Cosson et les commentaires. Et dans sa grande mansuétude, légendaire, que dis-je, mythologique, il prend la plume pour vous livrer un petit billet.

Il était une fois, à Lorient, un cordonnier qui épousa une domestique. La domestique de Lorient était originaire d'Auray et le cordonnier... de l'Ariège. Leurs enfants, un garçon et deux filles se marièrent avec une Bretonne du Nord (Valenciennes), un Breton du Sud (Toulon) et un Breton du Centre (Île-de-France). Ainsi, je constate une chose, que Rémy Penneg a raison, les Bretons sont stables. Ils se marient entre eux.
D'ailleurs, mon père est un Breton de l'Extrême-Sud (Borgo di Gaeta, che è una bella città della Bretagna) où l'on parle un patois très local, vous l'aurez compris.

En fait, je ne comprends pas cette polémique autour de cette article. M. Penneg a raison. Sophie, Stéphane, que racontez-vous donc ?!!

En effet, on apprend que les curés sont bavards en Bretagne. On vous donne même (parfois, hein, faut pas déconner), les noms ET prénoms des parents d'un baptisé. Alors que c'est bien connu, chez les Zoulous de Marseille, il n'y a aucun registre. D'ailleurs, je suis allé aux AD des Bouches-du-Rhône il y a peu :
« Bonjour, je voudrais consulter les registres de Marseille.
Ahhhh mon bon monsieur, on vous a pas dit ? On n'a pas de registres ici.
Quoi ? Crottebleu ! Que Dieu me patafiole !!
En fait, je dois vous avouer un truc, mon bon monsieur. Le bâtiment n'abrite aucun document, en fait, on sert juste à décorer le quartier et à créer de l'emploi fictif.
Madame, je suis outré. Des emplois fictifs en plus ? »
C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Pénélope F.
Mais passons.
M. Le Breton a donc raison, CQFD.

En plus, les Bretons sont soudés, plus que les autres. Certains sont même soûlés plus que les autres... Bref, ils forment une communauté forte, alors que la Provence ? le Nord ? Tout ça, ce sont des gens bizarres qui n'ont pas de sentiment d'appartenance. C'est bien connu. D'ailleurs, moi (encore lui... cet égocentrique !!) le Marseillais, je n'ai aucun sentiment d'appartenance, quand bien même j'ai des ancêtres sur Marseille depuis le XIVe siècle... grâce à des registres qui n'existent pas, bien sûr. Et puis, j'ai cette force de me sentir aussi un peu Provençal en général, mais aussi je suis originaire du Dauphiné, du Hainaut, de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Italie, de la Haute-Marne, de la Sarthe et même de la Bretagne... mais avec mon nom qui fleure bon la pizza, j'ai peur d'y être regardé de haut...

Et c'est bien connu, la société bretonne est la même qu'autrefois. D'ailleurs je suis allé me recueillir à Auray, chez mes ancêtres et là, que vis-je !! Un tournoi avec Mme la Marquise de Pouët-Pouët et le Baron Le Plouc en spectateurs, pendant que le curé, le vénérable, le révérend Père du Saint-Observatoire-Observantins, monseigneur Le Glou-et-Glou-et-Glou bénissait les pintes des invités les plus illustres. Ainsi, dans une représentation parfaite de la société de classes, je crus apercevoir la reine-mère, mais je ne vis pas sa tête, donc je ne suis sûr de rien...

Bref, tous armés de leurs chapeaux ronds, ils étaient entourés d'un clergé. Car les Bretons sont catholiques.

Alors qu'ailleurs, c'est bien connu, ce sont tous des mécréants... D'ailleurs le Pape a déménagé d'Avignon pour s'installer à Brest. Mais si, j'vous jure ! Ailleurs, les BMS n'existent pas, je vous l'ai démontré. Une fois que la femme a accouché, sur la Canebière, elle sacrifie le cordon ombilical à la Déesse Bouillabaisse. Si, j'ai lu ça dans un livre.

En plus, les Bretons étaient stables, ils ne bougeaient jamais. Faut dire, z'ont pas l'autoroute. D'ailleurs, cette assertion de M. Le Breton est sourcée par les plus grands historiens et anthropologues. Je cite d'ailleurs Claude Lévi-Strauss :
« L'exogamie est une règle de toute société. Sauf chez les Bretons qui, se mariant entre eux sans prohibition de l'inceste font que ce putain de bouquin que je viens d'écrire ne sert à rien. »

C'est donc une vérité universellement reconnu que les Bretons partaient soit en Nouvelle-Zélande, soit restaient au village. Car JAMAIS, je dis bien JAMAIS, un Breton n'ira à Paris, Lille ou Bordeaux. D'ailleurs mon aïeul né à Lorient marié à une Bretonne du Nord (de Valenciennes) est mort en Bretagne du Sud (Marseille).


Sur ce, je vous laisse méditer, chers amis généalogistes. M. Le Breton a raison, entièrement. Simplement son argumentaire manquait du poids que je viens de vous donner. J'espère que vous aurez ainsi compris pourquoi j'ai décidé, de ma demeure bretonne d'Aix-en-Provence, de prendre sa défense.

jeudi 24 novembre 2016

Famille biologique et généalogie

Vous le savez, Sacrés Ancêtres ! n’aime pas se mêler de politique car votre serviteur respecte toutes les opinions, toutes les croyances. Mais voilà-t-il pas qu’un des candidats à la primaire de la droite et du centre nous dit ceci :
« Mais il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme, à l’égard d’un père et d’une mère, ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière. »

Et là, on touche à une chose importante : la généalogie. Parler de filiation biologique et la mêler à l’état-civil fait sourire tout généalogiste qui s’est penché avec philosophie sur son arbre. En effet, comment être sûr du père ?
La généalogie est une construction, nous le savons. Nous faisons un arbre social, pas génétique. On ne cherche pas à prouver que notre aïeul à la douzième génération est bien notre ancêtre par le sang mais qu’il est notre ancêtre par convention sociale. En effet, comment qualifier autrement la filiation ? Oublions-nous que longtemps le père était le mari de l’épouse, même si le mari avait disparu depuis des années ?
Une filiation agnatique (par les pères) se faisait et se fait toujours majoritairement par la transmission du nom de famille, le nom du père, le patronyme. La mère, elle, accouchait et là se trouvait la preuve de sa filiation. Voilà où se trouve la construction de la famille.

Dire que l’adoption plénière par des homosexuels efface la filiation biologique est une erreur. L’état-civil ne sanctionne pas un fait biologique, mais social. Après tout, il n’y a jamais de test de paternité distribué à la mairie de Trifouillis-les-Oies pour vérifier que Mme Michu a été fidèle à son mari ! Imaginez que l’on fasse systématiquement des tests de paternité ; ne risquerait-on pas de ruiner en pensions alimentaires facteurs et plombiers ? 

L’état-civil sert à donner à un nouveau-né des parents. Et c’est une construction sociale, c’est-à-dire de notre société ; alors certains vont crier à la vraisemblance, mais après tout, la vraisemblance, on s’en moque, ce qui compte c’est la vérité. Et la vérité est que l’enfant a des parents, qui sont ceux qui l’élèvent. Deux hommes, deux femmes, peuvent avoir des enfants et ils leur transmettront une éducation qui les intégrera pleinement à un arbre généalogique.


Car la généalogie, la filiation, est une vérité sociale, non biologique. Légitimer la filiation (M. Fillon parle de légitimité) par la biologie, c’est donc nécessairement en faire un acte contraire à la Société qui caractérise l’humain pour le ramener à une sorte de règne animal imaginaire. Si nos ancêtres sont descendus des arbres, M. Fillon, semble-t-il, souhaite nous y faire remonter.
Pour aller plus loin, vous pouvez lire cette lettre ouverte à M. Fillon :
http://gaytup.blogspot.fr/2016/11/lettre-ouverte-francois-fillon.html

dimanche 6 novembre 2016

Du nouveau sur Prat Généalogie

Le site www.prat-genealogie.fr se relance et quelle relance ! Enfin… pour les Provençaux en tout cas.

Plusieurs nouveautés apparaissent sur le site. Tout d’abord, de nouvelles rubriques qui accueilleront dans un avenir plus ou moins proche des relevés tout frais. Ensuite de nouveaux relevés. Outre quelques tables de mariages du XIXe siècle, également déposées sur Geneanet, vous trouverez en exclusivité mondiale les relevés du bourg de La Tour-d’Aigues (Vaucluse) : l’intégralité des BMS de 1668 à 1790 et les naissances de 1793 à l’an XIV.
Je vois celui qui est assis au premier rang et qui lève la main pour me demander Monsieur et les années 1791-1792 ? Bah elles sont manquantes aux AD !

A venir dans les dépouillements : les naissances à La Tour-d’Aigues de 1806 à 1815 et les mariages de 1793 à l’an XIV.

Et, plus encore, il y a du nouveau sur l’arbre en ligne. J’ai fusionné ma généalogie et mes derniers relevés. Du coup, il y a quelques doublons que je m’efforce à éradiquer. MAIS vous y trouverez surtout, outre des mariages de l’arrondissement de Grasse, des mariages marseillais (les mariages de 1802 à 1812 pour les lettres A à C) et la reconstitution complète des familles de la Tour-d’Aigues de 1668 à 1790.

Bon, en gros, si vous avez de la famille à La Tour-d’Aigues, c’est Noël. Sinon, bah tant pis !

A venir sur l’arbre en ligne : les mariages d’Antibes (1873-1902), de Marseille (1802-1812 lettre D) et de Cannes (1792-1902).


Par ailleurs, puisque l’on parle de tables de mariages, désormais je twitterai les nouveautés au fur et à mesure, ce sera plus simple à gérer. Pour me suivre, c’est à gauche de votre écran.

dimanche 23 octobre 2016

Tables de mariages : Les nouveautés #2



Que de nouveautés depuis le dernier post sur ce blog concernant ce magnifique projet. Vous ne connaissez pas ? Il s’agit de dépouiller toutes les tables décennales de mariages (XIXe siècle) de France et votre serviteur coordonne le projet pour la Provence (départements 04, 05, 06, 13, 83, 84). Si vous êtes intéressés par participer, je vous renvoie vers les pages Geneawiki du projet (cliquez sur les départements juste avant) ; il vous suffit de me contacter par mail ou par Geneanet, qui soutient et héberge le projet, et de me dire sur quelle commune vous souhaitez travailler.



Bref, venons-en aux nouveautés. Une association nous a rejoints ; il s’agit du Cercle Généalogie de Haute-Provence (Genea04) qui a dépouillé et déposé gratuitement et sans restriction d’accès tous ses relevés de mariages pour le XIXe siècle. A cela s’ajoutent des bénévoles qui ont commencé à déposer d’autres relevés pour les Basses-Alpes et bien d’autres qui planchent déjà sur d’autres communes. Autrement dit, vous l’aurez compris, ce billet est essentiellement consacré au 04.



Alors, quelles sont les communes nouvellement mises en ligne concernant le 04 ?



Commençons par Genea04 et ses relevés :

Ainac (1794-1897)

Albiosc (1793-1901

Allos (1792-1919)

Angles (1792-1902)

Astoin (1792-1936)

Aubignosc (1792-1886)

Auges (1795-1900)

Auribeau (1793-1903)

Authon (1792-1905)

Auzet (1792-1901)

Barles (1793-1902)

Barras (1792-1902)

Bayons (1792-1882)

Bedejun (1792-1900)

Beynes (1792-1902)

Blieux (1792-1832)

Bras d’Asse (1792-1901)

La Brillanne (1794-1906)

Le Caire (1793-1852)

Le Castellard-Mélan (1792-1902)

Le Castellet d’Oraison (1792-1902)

Le Castellet Saint-Cassien (1793-1902)

La Colle Saint-Michel (1792-1904)

Colmars (1792-1906)

Dauphin (1792-1899)

Les Dourbes (1792-1934)

Entrages (1792-1902)

Entrevennes (1792-1852)

Esparron La Bâtie (1792-1901)

Espinouse (1792-1901)

Feissal (1801-1906)

Fontienne (1802-1899)

Fours (1792-1880)

Ganagobie (1796-1900)

La Garde (1792-1863)

Gaubert (1792-1902)

Gréoux-les-Bains (1792-1902)

Jausiers (1792-1902)

Jarjayes (1801-1832)

Lambert (1792-1902)

Lardiers (1792-1831)

Levens (1792-1897)

Lincel (1792-1874)

Lurs (1792-1910)

Majastres (1792-1906)

Manosque (1792-1902)

Marcoux (1792-1901)

Mariaud (1792-1902)

Maurin (1793-1902)

Melan (1792-1901)

Meyronnes (1793-1872)

Mirabeau (1792-1935)

Mison (1792-1877)

Montclar (1792-1850)

Montjustin (1792-1900)

Montlaux (1792-1900)

Montpezat (1793-1901)

Montsalier (1792-1943)

Niozelles (1792-1892)

Oraison (1792-1850)

La Perusse (1794-1902)

Peyresq (1792-1872)

Peyruis (1792-1901)

Pierrerue (1792-1896)

Pierrevert (1792-1900)

Le Poil (1793-1882)

Puimichel (1793-1852)

Revel (1792-1831)

Reynier (1792-1852)

Riez (1792-1934)

La Robine sur Galabre (1792-1900)

Sainte-Croix à Lauze (1794-1912)

Saint-Estève (1793-1902)

Saint-Geniez (1792-1908)

Saint-Jeannet (1792-1902)

Saint-Julien d’Asse (1792-1901)

Saint-Jurs (1792-1902)

Saint-Maime (1792-1907)

Saint-Martin de Renacas (1792-18895)

Saint-Martin les Seyne (1792-1930)

Saint-Michel l’Observatoire (1792-1899)

Saint-Paul sur Ubaye (1792-1902)

Sainte-Tulle (1792-1900)

Saint-Vincent les Forts (1792-1872)

Salignac (1792-1852)

Seyne les Alpes (1792-1936)

Les Sieyes (1792-1902)

Sigonce (1792-1902)

Taloire (1793-1840)

Tanaron (1793-1901)

Tartonne (1792-1902)

Taulanne (1794-1899)

Thoard (1792-1902)

Thorame Basse (1792-1902)

Les Thuilles (1792-1892)

Tournoux (1793-1902)

Ubraye (1792-1875)

Vachères (1792-1913)

Villars-Brandis (1792-1910)

Villars-Colmars (1792-1872)

Villemus (1793-1900)

Volx (1792-1879)



Et bien sûr, des relevés par des particuliers ont été déposés pour le 04

Allons (1792-1902) par Stéphane Ortiz

Archail (1792-1902) par Stéphane Ortiz

La Bréole (1793-1902) par fsidoux

La Rochegiron (1793-1902) par Robert Savouillan

Saint-Lions (1793-1902) par Roger Coulet



Concernant les autres départements, c’est plus rapide car il n’y a pas eu beaucoup de dépouillements effectués depuis la dernière fois. Mais, normalement, une autre association locale devrait rejoindre le projet ce qui pourrait nous rapprocher un peu de notre objectif de dépouiller 100% des tables de mariages de Provence ! D’ailleurs, si vous faites partie d’une association, parlez du projet !



Dans le Vaucluse a été dépouillé Maubec (1802-1892) par Josiane Berthaud

Et dans les Alpes-Maritimes, votre serviteur a dépouillé :

Saint-Paul-de-Vence (1802-1902)

La Colle-sur-Loup (1802-1902)

Roquefort-les-Pins (1802-1902)

Opio (1802-1902)

Le Cannet (1802-1892)

Cannes (1792-1902)



Nous sommes toujours à la recherche de bénévoles, donc si vous souhaitez faire partie de ce magnifique projet, n’hésitez pas à me contacter.



Bonnes recherches !

mercredi 19 octobre 2016

RDV Ancestral avec... Salomon Lombard



L’aube poindrait quand j’irais taper chez Salomon, dans sa bastide du Réal, sur le petit bourg de La Tour d’Aigues. J’imagine une porte quelconque, dans un bois ordinaire où irait s’échouer les premiers rayons du Soleil naissant. Dans sa demeure, il m’accueillerait, méfiant :
« Alors, cher descendant, est-il vrai que tu es papiste ?
    Ne sois pas choqué Salomon, tu ne sais pas encore ce qui attend ta famille… Et puis, si tu en savais plus long sur moi, tu serais autrement outré.
    Ne t’en fais pas mon fils, tu es d’un autre temps, je le puis comprendre.
    J’aimerais tellement que tu m’en dises davantage sur toi. »

Je lui demanderai pourquoi il était protestant, ce qui l’avait poussé à choisir, durant les guerres de Religion, cette confession. Certainement, me dirait-il, qu’avec son prénom vétérotestamentaire, ce n’était pas son choix mais son éducation et que je me suis trompé de RDV ancestral, que j’aurais dû interroger Guigues, son père ou Antoine, son grand-père. « Une chose à la fois, mon vieux… euh… Salomon. »

Je me souviens qu’il fut un temps où, tout étonné, je trouvais mention de Salomon dans les inventaires municipaux de La Tour d’Aigues. Je l’avais cru juif néophyte, mais j’ai trouvé peut-être mieux : un protestant du temps des guerres de Religion. Que j’avais cherché alors, dans les vieilles liasses et les vieux registres, sur Internet comme dans les papiers, toute trace, tout indice de ce passé si révolu qu’il en fut oublié par la lignée agnatique !

Alors, que ferais-je si j’étais en face de Salomon ? Je le harcèlerais de questions.

« Dis-moi, Salomon, ton père était vendeur d’armes. Il en vendit à Lesdiguières, le dernier connétable de France. Toi, tu as été l’argentier de la duchesse de Créquy, sa fille. Es-tu le neveu de l’argentier de Lesdiguières comme je le suppose, le neveu de ce Jérémie Mathieu ?
    Tu es un garçon intelligent et déjà tu as fait des liens étonnants, tu es remonté en ces temps troublés. Mais je ne t’aiderai pas aussi directement. Tout au plus puis-je te dire que la ressemblance des professions, les liens avec Lesdiguières et le nom de ma mère, la belle Loyse Mathieu, devraient te mettre sur la voie, non ?
    Oui, j’ai bien fait ces liens, mais j’aurais aimé une réponse franche.
    Le travail de l’historien se base parfois sur des hypothèses. Tout ne peut pas être révélé. La Bible, que je connais bien, n’est elle-même pas toujours directe avec son interlocuteur. Apprends à interpréter et à douter de ce que tu interpréteras.
    Merci. Tu as quitté Grenoble où ton père était bourgeois et marchand d’armes pour suivre la duchesse de Créquy en ses propriétés provençales. Fut-ce un dépaysement ?
    Oh oui. Tu sais, si de ton temps tous les Français se ressemblent, ont une culture et une langue commune, au début du XVIIe siècle, les choses étaient différentes. J’étais un étranger en terre hostile. Heureusement la duchesse m’emmena à Lourmarin, bourg protestant, où je fus respecté et reçut dans la bourgeoisie. C’est là que j’ai acheté la bastide du Réal sur une commune voisine. »

Cette bastide me fit rêver mais elle est restée un mystère. Je n’ai trouvé à ce jour ni le contrat d’achat ni celui de vente. Je lui demanderais quelle était la cote du document d’achat ; mais Salomon m’aurait envoyé sur les roses en m’affirmant qu’il ne pouvait être au courant des cotes, surtout lui qui n’était certainement en rien un révolutionnaire. Je lui aurais alors demandé de m’expliquer ses mariages, surtout le second. Tu as d’abord épousé Catherine Tagaud une protestante de bonne famille qui te donna un fils, Guigues. L’un et l’autre finirent par mourir et tu te remarias, Salomon. Mais je ne comprends pas : pourquoi avec une catholique sans dot ni héritage hormis sa part de légitime ? Peut-être m’aurait-il alors répondu qu’au moment de ses fiançailles, son fils, Guigues, était en vie et qu’il avait donc un héritier. Peut-être aussi m’aurait-il répondu que son fils, mon aïeul, nommé aussi Salomon, était en fait le fils de Catherine Tagaud… ou pas. Mais, Salomon, ton fils ne savait pas signer ! tandis que toi, avec ta signature élégante et ta profession, tu savais bien écrire. Cherche et essaie de comprendre m’aurais-tu dit, Salomon. Encore une parole mystérieuse et quelque peu philosophe.

« Je suppose que, depuis que la duchesse de Créquy est morte et que la nouvelle duchesse n’était plus la fille de Lesdiguières, tu as quelque peu abandonné le protestantisme ?
    Tu sais, mon fils, dans le bourg de La Tour d’Aigues, il n’y avait presque aucun protestant. J’étais seul, avec mon passé et il me fallait m’intégrer. La nouvelle duchesse, Anne de La Magdeleine de Ragny, était fort gentille et a accepté, si je baptisais mes nouveaux enfants, de devenir la marraine de l’aînée, que j’appelais comme elle, Anne.
    D’où cette marraine prestigieuse et le baptême au château.
    Tu as tout compris, mon fils. »

Puis, je crois que je lui aurais demandé de me parler de la vie au bourg au XVIIe siècle, de l’organisation de la bourgeoisie, des échanges économiques, bref, j’aurais préparé à l’avance tout un questionnaire tellement pointu qu’il aurait fini par me dire : « Thomas, écris plutôt un article pseudo-comique sur ton blog et arrête avec tes questions bizarres, tu me fais flipper tellement t’es chelou » Enfin… Il ne l’aurait peut-être pas dit en ces termes, mais vous voyez à peu près ce qu’il aurait dit.

Je serais reparti, tard le soir, avec une pointe dans le cœur de quitter un de mes aïeux, de ne jamais le revoir et de savoir que malgré toutes mes questions, d’autres avaient été oubliées et qu’un pan entier de l’histoire resterait à jamais à l’état d’hypothèses.

dimanche 16 octobre 2016

Vivre comme ses ancêtres...



Voilà-t-il pas que Sacrés Ancêtres !, suite à un déménagement, se retrouva, le pauvre bougre, sans Internet. Et là, il dut vivre comme ses aïeux, à faire de la couture près de la cheminée, à chasser les fantômes dans les couloirs (enfin, j’ai pas de couloir, mais on fait tout comme, hein) ou à espérer que le poisson mort sur le tableau du salon n’était pas un sacrifice rituel et qu’il ne vous attaquera pas pendant la nuit.

Bref, j’ai vécu comme tatie Ursule, tatie Godensie et oncle Frumence dans leur prime jeunesse. Donc vous imaginez que pour un généageek ultra-connecté, câble USB fourni, batterie de 7 heures, ce fut difficile.

J’ai redécouvert la lecture, mais croyez-moi, lire toute la journée, tous les jours, c’est pas top. Heureusement, la généalogie, ce n’est pas qu’avec Internet. Du coup, pour m’amuser et me remonter le moral, j’ai dépouillé quelques testaments en temps de peste dans le bourg de La Tour d’Aigues en 1640… Ouais bon… Je suis allé au marché aussi… C’était la belle vie de nos aïeux…

STOP !

Franchement, j’ai eu l’impression qu’un mort se serait davantage amusé que moi. C’était chiant !! Heureusement, je vous retrouve, chères lectrices, chers lecteurs, et gens de passage qui êtes tombés sur ce site par hasard en tapant des trucs chelous qui se retrouvent dans mes statistiques. Bref, je suis content de me retrouver de nouveau dans la communauté des généablogueurs et je vois encore pleins de nouvelles têtes (chouette, des bizuuuuuuuuts !!!), des gens qui écrivent pleins d’articles géniaux, d’autres qui sont vachement sérieux avec leur veste en tweed, d’autres comme le cancre près du radiateur qui sait toujours pas ce que c’est que l’ANSII dans l’export du Gedcom (Loser !!), etc.

Pour vous donner des nouvelles de moi, je vais bien, j’ai juste un rhume. Et je soutiens mon mémoire dans quelques semaines sur le thème de l’exogamie et de la mixité dans les familles, une approche comparée Provence/Nord (XVIe-XXe siècles). Comme je suis sûr que ça fait palpiter le petit cœur de ces gentes dames et de ces jeunes hommes, que vous êtes prêts à sacrifier votre famille pour ce sujet si passionnant, si universel, je dirais même si intergalactique, eh bien je vous tiendrai au courant de tout. Je ferai peut-être même un live-tweet pendant ma soutenance, et des selfies avec le jury, si, si !! Kardashian (comment ça s’écrit ?) peut aller se rhabiller (d’ailleurs ce serait pas une mauvaise idée qu’elle mette un truc la demoiselle. Pour une fois).

Bref. Tout ça pour dire que ça m’a manqué d’écrire des choses sérieuses sur ce blog et que je ne manquerai pas de continuer à vous fournir matière à réflexion pour vos thèses de doctorat ou vos rédactions de 6e.