samedi 9 septembre 2017

Quel type de généalogiste êtes-vous ?

Après une étude poussée sur 5 millions de généalogistes volontaires, des heures et des heures d'entretiens, des questionnaires, il est temps, moi aussi, de vous livrer une étude sociologique du milieu généalogique. Tous les blogs le font. Alors, Sacrés Ancêtres!, dans sa grande mansuétude, dans sa bonté infinie, dans son sérieux inénarrable, sans humour aucun, vous livre cette grande étude sociologique.

"Chaque généalogiste fait partie d'un ensemble sociologique plus grand qui est égal à la somme des carrés des deux autres côtés" comme disait un sociologue, probablement Emile Durkheim ou Ophélie Winter. C'est à partir de cette citation, hypothèse de travail conséquente, et à partir du matérialisme historique de Friedrich Hayek, que nous allons construire notre objet sociologique : à savoir que le généalogiste peut se retrouver dans plusieurs portraits-types.

Léo M. ou Le généalogiste débutant qui ne sait pas trop où il est tombé

« Bonjour, je débute ma généalogie, et je ne sais pas où chercher le décès de grand-pépé Frumence, je sais juste qu'il s'est marié à Trifouillis-les-Oies.
C'est simple !!! Il faut chercher dans les TD des AD puis aller dans les NMD. Voyons, tout le monde sait ça »

Ce généalogiste débutant, que nous avons appelé Léo M., est en général perdu et ne comprend rien à ce qui l'entoure. Il faut le comprendre. Les autres généalogistes ne l'aident pas vraiment. Alors il copie pleins d'infos qu'il trouve, découvre ses ancêtres au fur et à mesure et décide de devenir lui aussi un grand généalogiste. Pour ce faire, il suit un séminaire de formation auprès de xxxxx (censuré) qui lui enseigne l'art et la manière de devenir un généalogiste sérieux. Car mesdames et messieurs, notez bien, la généalogie, C'EST DU SERIEUX !! C'est pas une passion comme le football ou la peinture sur soie, non, non, non, c'est une passion qui nécessite une rigueur extrême, un dévouement continuel, une remise en question permanente et une auto-flagellation de tous les instants. VOILA !

Euh... pourquoi vous partez tous ?!

Attendez, c'est qu'une étude socio-historico-charlantino-géologique de notre passion. Ce n'est en rien l'avis de votre humble, votre dévoué, votre sexy en lingerie serviteur.

Donc, Léo M. suit cette formation pour tout faire comme il faudrait parce que la généalogie, c'est plus qu'une vocation, c'est un sacerdoce. Après trois coups de lanières cloutées sur le dos pour avoir confondu une dispense d'affinité et une dispense de consanguinité, Léo M. se décide à participer aux forums de généalogie pour aider X ou Y. Mais avant, cela, il doit passer l'initiation. Dans ce rite "anthropologiquement polymorphe" où le "cru et le cuit n'ont plus leur place dans le traitement de l'exogamie incestueuse" nous apprend Lévi-Strauss, Léo M. découvre les mille et une façons de faire partie du clan : il peut devenir président d'association, généablogueur ou troll psychopathologique. Ce sont ces caractéristiques que nous avons étudiées et que nous vous livrons maintenant, dans notre immense bonté.

Roland O., le président d'association ou l'homme qui croyait valoir 3 milliards

« Dans la généalogie associative comme dans le règne animal, vous avez des espèces qui survivent parce qu'elles s'adaptent et d'autres qui disparaissent... et fichtre ! pour certains, on est content quand on s'en débarrasse ! » Charles Darwin.

Roland O. est un homme sûr de lui. Dans les couloirs de la mairie, il s'apprête à s'adresser au stagiaire de l'adjoint à la propreté, pour lui dire qu'en échange de son relevé de Saint-Machin il souhaite un plus grand local pour son association (il en marre de le partager avec l'association des amis des castors à poils gris). Pour convaincre, il a mis son plus beau costume traditionnel, avec un béret, et une paire de charentaises de ville à pompons. Mais le stagiaire, qui travaillait sur Facebook, n'en a cure. AH ! JE VAIS DIRE A TOUS LES MEMBRES DE L'ASSO A QUEL POINT CETTE MAIRIE NE NOUS MERITE PAS.

Car ce cas précis de président d'association généalogique ou de membre "important" est assez étonnant. Roland O. a pris part dans la contestation de l'indexation en ligne des documents d'archives. Il pense, en effet, que puisqu'il fait de la généalogie depuis 20 ans dans son département, qu'il est président, qu'il est un grand spécialiste de la bêtise de Cambrai, il a toute la légitimité pour se plaindre de l'incompétence des autres.

En effet, en généalogie vous avez, et c'est ce que montrent les résultats de cette étude, les généalogistes et les membres "influents" (sic) d'associations. Si certaines associations sont réputées pour leur sérieux et pour leur modestie, pour leur goût du partage et de l'entraide, d'autres associations le sont... un peu moins. Et cela, moins à cause de l'association en elle-même, que de certains membres qui pensent valoir 3 milliards, qui souhaitent devenir la Lady Gaga (ou la Beyoncé) de la généalogie et qui, surtout, se prennent (très) au sérieux. Ce sont souvent eux qui organisent les rites initiatiques comme l'a subi ce pauvre Léo M.

Roland O. cherche la célébrité. Pour cela, il... il... eh bien en fait, il médit sur les autres. Car c'est seulement en abaissant autrui qu'il peut, à terme, espérer sortir du lot. Il se voit déjà sur scène, acclamé par une foule en délire, reconnu par les professeurs d'université, adulé par les adolescentes.
Oui, mesdames et messieurs, la généalogie, dans la tête de certains, c'est une affaire de célébrité. Personnellement, j'ai toujours rêvé de signer des autographes sur des petites culottes usagées ou de dépasser Lady Gaga sur Twitter. Si, si !

Notre ami a décidé de ne pas partager son travail, car il estime que tatie Ursule est sa propriété. Tout partage, même dans le cadre d'un échange, lui paraît suspect, car quid du copyright ? Quid du droit d'auteur ? En effet, tout le monde sait que la généalogie rend riche. D'ailleurs, le généalogiste professionnel vit dans un manoir. Un membre éminent de la généalogie professionnelle, Stéphane C., nous a confié récemment qu'il venait de s'acheter un manoir en Normandie grâce à son salaire mirobolant. Oui, chers lecteurs, la généalogie, ça rapporte. Geneanet, par exemple, vous ment. Après une enquête menée conjointement par Sacrés Ancêtres! et le New-York Times, nous avons découvert qu'ils possèdent un building sur Time Square avec 2 532 employés à temps-plein. Quant à Filae, ils sont réputés avoir des contacts fréquents avec les Illuminati Albinos qui vivent dans les égouts !

Voilà pour l'enquête sur le président d'association. Mais il y a d'autres catégories... Venons-en tout de suite au généablogueur.

Mélanie M., la généablogueuse ou celle qui croit que tout le monde adore la vie de Tatie Godensie

« Les généablogueurs sont une race à part dans l'univers. Nés de l'explosion d'un smartphone, ils tentent d'éclairer leurs comparses de leurs lumières » Stephen Hawking.

Mélanie M. est une fille comme les autres. Jeune, bien habillée, nous l'avions croisé à la gare Montparnasse. Elle avait une oreillette et un micro et racontait ses dernières trouvailles à une amie blogueuse elle aussi. Pendant ce temps, le téléphone à la main, elle faisait un live-tweet de la conversation.

« Ouais, donc, tu sais pas ! Tatie Godensie a épousé un homme qui avait 15 ans de plus qu'elle. D'après le recensement de 1906, elle ne vivait plus avec lui. Moi je dis... ARTICLE !!! »

Et c'est ainsi que tatie Godensie fit la une du Blog de Mélanie M. pendant 3 semaines, avec divers articles, acclamés par certains, retweetés par d'autres, oubliés par tous 10 minutes après. Car le généablogueur, il faut le dire, vit dans l'immédiateté. A part quelques articles qui ont du "succès" encore plusieurs mois ou années après leur parution, la plupart tombent dans les oubliettes.

Alors, à quoi sert le généablogueur ? Mélanie M., qui partageait sur Facebook son article, nous a répondu après avoir consulté son fil RSS. « C'est surtout pour soi que l'on écrit, pour s'amuser dans certains cas, pour savoir où en est de nos recherches pour d'autres, ou pour notre famille, pour qu'ils aient une trace écrite de nos travaux ! » Mélanie M. a vu juste car, d'après notre étude, ces motivations sont les principales pour la quasi-totalité des généablogueurs et blogueuses. Mais, il y a toujours le blog dont on se demande à quoi il sert (le premier qui dit "Sacrés Ancêtres!", il a le droit à la fessée ! non mais !), le blog qui se prend trop au sérieux, le blog qui te dit presque quoi penser. Mélanie M. nous rassure « Bien sûr, comme partout, y en a toujours qui pètent plus haut que leur c**, mais suffit de laisser péter, hihi ! tiens je vais tweeter cette blague.
Mélanie...
Euh oui... Donc, faut laisser tomber. La généalogie, c'est pour s'amuser, ceux qui cherchent à être célèbres ou à s'imposer, faut juste faire comme s'ils n'existaient pas ! »

En conclusion de cette brève partie sur les généablogueurs, nous pouvons dire, à l'instar de Husserl, que « le blog généalogique est avant tout une occupation personnelle dans un réseau social et que chaque blog doit être vu comme résultant d'une initiative personnelle. Toute quête de célébrité ou de légitimation via un blog c'est du caca-boudin. »

Guy B., le troll psychopathologique ou l'homme qui venait du Mordor

« Vous ne passerez pas !!!!! » Gandalf

Guy B. était dans un cyber-café quand nous l'avons rencontré. Il profitait de l'anonymat de son adresse IP pour envoyer des mails injurieux à des généalogistes ou à arpenter les forums pour dispenser son art du trollage.

« Ha ha ! Aujourd'hui, j'ai envoyé un commentaire anonyme pour dire tout le mal que je pensais d'un type ! C'est de sa faute si tout va mal !! La généalogie dépérit de par ses actions malsaines et son arbre généalogique dont le tronc est pourri. En plus, il est responsable de la crise des subprimes, j'en suis sûr. Sans parler du réchauffement climatique !
Roland O. ? C'est vous ? »

Ainsi le troll psychopathologique est souvent en mal de reconnaissance et tente de nuire tant qu'il peut. Il envoie des mails, des commentaires ou poste sur les forums. Il vous dit tout le mal qu'il pense de vous (de manière anonyme), le dit en face ou dans votre dos, et surtout ! surtout ! va critiquer tout ce que vous ferez sans proposer d'alternatives.

En général, c'est du genre :
« Bonjour, j'aimerais savoir s'il est quelqu'un va aux AD du Nord ?
Pas moi !! HAHAHAHAHAHAHAHA »

Ou encore :
« J'aimerais lancer un projet.
Oh non, ça sert à rien. HAHAHAHAHAHAHA »

En général, quand il s'exprime longuement il vous fera plusieurs reproches :
1. Vous êtes la cause de tous les maux.
2. Vous êtes un incapable incompétent débile.
2bis. Mais surtout vous n'êtes pas modeste, vous êtes même prétentieux.
3. Vous êtes un charlatan.

D'ailleurs, ces reproches, Guy B. nous l'avoue, ne sont pas argumentés : « Bah non ! Pfff ! Vou êtes vraiment débile ! On fait pas de l'argumentation, on fait de l'injure. Donc en général, y a pas de fondement. On critique tout et n'importe quoi. Le plus souvent, notre seul argument, c'est qu'on a trouvé une faute d'orthographe dans l'article ou le message HAHAHAHAHAHAHAHA »

Le seul moyen de vaincre le troll, c'est de ne pas le nourrir. Donc de l'ignorer. Mais cette étude, très sérieuse, à qui l'Année Sociologique consacrera tout un numéro, ne prend pas en compte une catégorie de généalogiste :
Le généalogiste normal

C'est en général celui ou celle qui pratique sa passion de manière plus anonyme et plus détendue. J'aurais pu vous parler de ceux que j'ai interviewé dans le cadre de cette étude universitaire, mais, franchement, hein ! entre vous et moi, ce serait moins drôle non ;-)

Conclusion 

« La généalogie, c'est un monde de bisounours, mais il y a toujours Gargamel dans un coin qui va venir pour tout gâcher. Alors, ne vous laissez pas abattre, ignorez les Gargamel et faites un banquet ! » Socrate

Avant tout, la généalogie, c'est une activité de loisirs, une passion qui nous anime ou pas. Mais bon, il y a toujours des clowns tristes dans l'histoire. Je propose donc que l'on s'aime les uns et les autres, et je suis sûr que même notre troll peut devenir gentil !
N'oublions pas que notre passion commune pour la recherche et une meilleure connaissance de nos ancêtres est un loisir. Ne nous prenons pas trop au sérieux ! Rions de nous-mêmes !


samedi 2 septembre 2017

Projet Provence : Les nouveautés de l'été

C'est l'heure du petit bilan de l'été concernant le Projet Provence. Si certains ont profité des vacances pour faire la fiesta et ne pas mettre à jour leur blog (hein ? qui a fait ça ????), d'autres ont continué à aller au charbon et à dépouiller, inlassablement, les tables de mariages de Provence. A ce propos, j'ai une IMMENSE nouvelle à vous annoncer !! Mais ça fera l'objet d'un article très bientôt (oui, je sais, je suis diabolique !).

Bon, sans plus attendre, les nouveautés de l'été :

Tables décennales de mariage :

04 :
- Méailles (1793-1902) 463 mariages par Robert Savouillan
- Les Mées (1793-1902) 1 610 mariages par Robert Savouillan
- Mézel (1793-1902) 654 mariages par Robert Savouillan
- Peyroules (1793-1902) 450 mariages par Robert Savouillan
- Valensole (1793-1902) 2 778 mariages par Robert Savouillan

05 :
- Baratier (1793-1932) 350 mariages par Robert Savouillan
- Barret-le-Bas (1793-1932) 508 mariages par Robert Savouillan
- Barret-le-Haut (1793-1932) 113 mariages par Robert Savouillan
- Chabottonnes (1793-1932) 108 mariages par Robert Savouillan
- Champcella (1793-1932) 580 mariages par Robert Savouillan
- Les Infournas (1793-1932) 162 mariages par Robert Savouillan
- Pomet (1794-1900) 200 mariages par Guy Trupheme
- Rabou (1793-1932) 334 mariages par Robert Savouillan
- Saléon (1802-1899) 166 mariages par Guy Trupheme

84 :
- Apt (1792-1892) : 3 895 mariages par Thomas Spinosa
- Cucuron (1792-1892) : 1 511 mariages par Thomas Spinosa
- Lourmarin (1792-1892) : 1 155 mariages par Thomas Spinosa
- Savoillan (1793-1904) : 240 mariages par Robert Savouillan
- Vaugines (1793-1892) : 393 mariages par Thomas Spinosa

- Villelaure (1802-1892) : 871 mariages par Thomas Spinosa

Et vous alors, l'aventure vous tente ? Si oui, contactez-moi en commentaire ou par mail à thomasspinosa [at] hotmail.com